Optimiser sa rémunération de dirigeant en 2025
- JC Patrimoine
- 29 juil.
- 3 min de lecture

Fixer sa propre rémunération quand on dirige son entreprise est à la fois un privilège… et un casse-tête. Entre fiscalité, protection sociale et rentabilité, le bon arbitrage peut faire gagner – ou perdre – plusieurs milliers d’euros par an. En 2025, avec un environnement législatif mouvant et une pression croissante sur les cotisations, une stratégie d’optimisation s’impose.
Pourquoi repenser sa rémunération en 2025 ?
La rémunération d’un dirigeant ne se limite pas à un choix entre salaire et dividendes. Elle conditionne à la fois :
la fiscalité personnelle (impôt sur le revenu, prélèvements sociaux),
la protection sociale (retraite, prévoyance, indemnités maladie),
la charge pour l’entreprise, donc sa rentabilité,
la capacité à investir ou transmettre, à court ou moyen terme.
En 2025, plusieurs facteurs viennent rebattre les cartes :
La poursuite de la réforme des retraites.
Les écarts toujours significatifs entre statut de travailleur non salarié (TNS) et assimilé salarié.
Les nouvelles possibilités offertes par l’épargne salariale et les plans de partage de valeur.
Statut du dirigeant : un point de départ incontournable
Avant toute décision, il faut considérer le statut juridique du dirigeant :
En SARL/EURL, le gérant majoritaire est TNS.
En SAS/SASU, le président est assimilé salarié.
Ce choix impacte :
les cotisations sociales (moins élevées en TNS, mais protection moindre),
la nature des rémunérations possibles,
les possibilités de déduction ou d'exonération.
Astuce : dans bien des cas, le statut TNS permet de dégager un revenu net plus élevé à coût équivalent, mais nécessite une prévoyance et une retraite complémentaires.
Salaire ou dividendes : quel arbitrage ?
Dans une société soumise à l’impôt sur les sociétés (IS), deux grandes options coexistent :
1. La rémunération classique (salaire)
Avantages :
Protège le dirigeant (maladie, retraite, accident).
Déductible du résultat de l’entreprise, donc réduit l’IS.
Inconvénients :
Charges sociales importantes.
Impôt sur le revenu à payer selon le barème progressif.
2. Les dividendes
Avantages :
Moins taxés que le salaire (flat tax de 30 % ou option barème IR).
Pas de cotisations sociales (sauf pour les TNS au-delà de 10 % du capital social).
Inconvénients :
Non déductibles pour l’entreprise.
Aucune protection sociale associée.
En pratique : l’optimisation passe souvent par un dosage fin entre les deux, en tenant compte du niveau de revenu visé, des besoins de protection sociale et de la structure du capital.
Les leviers d’optimisation à mobiliser
L’épargne salariale
Même pour un dirigeant, sous conditions :
PEE / PERCO / PERECO peuvent accueillir des intéressements et participations, faiblement fiscalisés.
Le dirigeant d’une SASU peut en bénéficier dès lors qu’il emploie au moins un salarié.
Les indemnités et avantages en nature
Certains frais peuvent être pris en charge par la société, à condition d’être justifiés et correctement cadrés :
Véhicule, téléphone, logement de fonction, frais professionnels, etc.
Le contrat retraite Madelin ou PER individuel
Pour les TNS, ces outils permettent de préparer la retraite tout en déduisant fiscalement les cotisations. Pour les dirigeants assimilés salariés, des dispositifs collectifs comme le PERECO sont plus adaptés.
Les holdings et remontées de dividendes
La création d’une holding animatrice peut offrir une plus grande souplesse dans la distribution de revenus (intéressement, dividendes différés…), notamment pour les dirigeants multi-activités ou avec des projets de transmission.
Rémunération et croissance : penser moyen-long terme
L’optimisation ne doit pas sacrifier la capacité d’investissement de l’entreprise. Une rémunération trop élevée peut grever l’autofinancement et nuire à la crédibilité bancaire. À l’inverse, une rémunération trop faible, même fiscalement avantageuse, peut entraîner un manque de couverture sociale ou une perte d’attractivité en cas d’association.
Il est donc essentiel d’ajuster la stratégie de rémunération aux objectifs de l’entreprise :
Croissance externe
Transmission
Investissement immobilier
Développement à l'international, etc.
Conclusion : l’arbitrage stratégique du dirigeant
Optimiser sa rémunération, ce n’est pas « gagner plus » au détriment de l’entreprise. C’est mettre en cohérence son revenu, sa fiscalité, sa protection sociale et ses objectifs patrimoniaux. Chaque dirigeant doit être accompagné par un conseiller indépendant capable de modéliser les différents scénarios, et de construire une stratégie adaptée à son statut, son secteur et ses ambitions.
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